• Islande 2006 - Carnet de route

    J'ai décidé, un beau jour, de partir en Islande, sans programme, sans infos, jsute avec mon sac à dos. Sur place, j'ai fait la côte ouest...<o:p></o:p>

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    16/04/06                                                                  22h00                                                                                         <o:p></o:p>

    Je monte dans l’avion, paré pour une nouvelle expérience. Celle de partir seul, à l’aventure.   Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi de passer des vacances en solitaire. Un craquage… Envie de découvrir de nouveaux horizons, de quitter cette routine et ce rythme de vie, de me déconnecter complètement des mes habitudes. Et de la réalité de la vie… Je pense sincèrement que ce bol d’air me fera un bien fou.<o:p></o:p>

    A la fin du voyage, je sympathise avec un couple d’islandais, qui me disent qu’il faut principalement faire le nord. Ce qui change tous mes plans.<o:p></o:p>

    Après beaucoup de concentration pour pouvoir comprendre, je dois réorganiser ce parcours. D’après eux, je ne pourrais pas trouver une bouteille d’eau, toute l’eau de l’île étant potable. Ils me disent : « dès que tu ouvres un robinet, tu peux boire ! ». Cette première impression des islandais est vraiment agréable.<o:p></o:p>

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    Arrivé à l’aéroport, je pars changer de l’argent. Pas de chance, la banque est fermée, juste un distributeur solitaire, au milieu de nulle part… Un petit ticket pour la navette et me voilà partit, vers 16h30, vers la capitale.<o:p></o:p>

    Une heure plus tard, je découvre cette fameuse ville. La capitale dit-on ? Elle a l’air bien morte. Je me retrouve au BSI (gare routière), au milieu d’un grand nombre de routes. Avec la ville au loin…<o:p></o:p>

    C’est parti pour un échauffement, je suis ce qui me semble être la direction du centre-ville, avec le petit lac de Tjörnin et sa multitude de canards et autres oiseaux.<o:p></o:p>

    Au premier abord, la ville est vraiment étrange, toute moderne et déserte. C’est triste à mourir. Il commence à faire vraiment froid, j’ai aperçu un +2°C, sur un panneau… Mais est-ce qu’il tient en compte du vent glacial !!<o:p></o:p>

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    Je rentre dans le premier bar qui m’a l’air sympathique. Une ambiance chaleureuse, tout en bois et …. , rempli de gens. Moi qui pensais qu’ils ne sortaient pas le dimanche ! Je m’installe au bar, commande une pinte et « étudie » Reykjavik, en ayant qu’un question en tête : où dormir ce soir ?<o:p></o:p>

    Il y a une « guesthouse » qui me paraît fort sympathique, seul problème, elle se trouve au terminus de la navette, à quarante minutes à pied… Je fais le point pour l’argent. Sachant que 1€ = 86 ISK et que la pinte coûte 1 200 ISK, ça paraît énorme et on a vite fait de s’y perdre.<o:p></o:p>

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    Après avoir vidé ce verre interminable, je reprends mon attirail et repars dans le sens inverse, Guide du Routard à la main. Je tourne, retrouve mes canards et mon lac, retourne devant l’église, continue, tourne, continue… J’aperçois enfin la « Guesthouse Aurora ». Poliment, je demande un lit pour la nuit, dans un anglais étrangement impeccable. <o:p></o:p>

    Mais la réponse ne s’est pas faite attendre : « I’m sorry, I’m full. » Tant pis, je me console en me disant que c’était plus cher que celle du centre-ville. J’était juste curieux de visiter celle-ci pour sa bonne ambiance. Je commence à douter de la disponibilité, et si je m’étais trompé, qu’en fait il y avait déjà des touristes… On verra bien à la prochaine.<o:p></o:p>

    J’entre dans une autre guesthouse, la « Salvation Army », proche de mon bar si chaleureux. C’est une maison jaune immense qui servait autrefois à héberger les marins en escale à Reykjavik.<o:p></o:p>

    Sans être de mauvaise foi, l’anglais de mon interlocutrice est incompréhensible. Je comprends qu’il faut payer 4 000 ISK et écrire mon nom sur un registre. C’est parti, direction ma chambre de 10 m², avec un lavabo tout de même.... Je me repose un peu et repars, appareil photo à la main, dans les rues de Reykjavik,  après m’être renseigné sur les endroits sympathiques. Petite balade d’une heure et demie, mais c’est le froid qui me fait rentrer au bercail. Je ne sens ni mes doigts ni mon nez, encore moins mes lèvres… Sympa pour parler anglais !<o:p></o:p>

    D’après le Guide du Routard, j’ai vu la vieille ville. Pour une vieille ville elle m’apparaît tout de même bien moderne! Les maisons sont très colorées, quelles soient en ciment, en tôle, neuves ou vieilles. Tout ce mélange de couleurs laisse une impression de désordre.<o:p></o:p>

    Je pars de l’autre côté du centre, là où il y a de la vie, et j’en suis comblé ! Je marche tellement que je retrouve, une fois de plus, mes canards. Je m’arrête à côté d’eux pour manger et préparer mes futures étapes.<o:p></o:p>

    Je trouve quand même que les islandais sont très froids et très réservé. C’est peut-être dû au climat ou à la peur de l’étranger…<o:p></o:p>

    Au programme de demain, changer mon argent, me renseigner sur les transports et la direction à prendre pour rejoindre la péninsule de Snaefellsnes. En stop sûrement, je verrai ça demain.<o:p></o:p>

    En attendant, une douche et au lit !<o:p></o:p>

    http://ekladata.com/dTGaSoPceb_VvKdFscxMb9eufdI@350x589.jpg <o:p></o:p>

    17/04/06                                                                                                                               13h20<o:p></o:p>

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    Après un petit déjeuner rapide dans la chambre, un brin de toilette, me voilà reparti pour l’Office du Tourisme. Il y a des bus, me voilà rassuré. Je vagabonde ensuite dans les rues de Reykjavik dans l’espoir de m’acheter de la nourriture et une cartouche de gaz, car je ne sais ce qui m’attend ce soir. En vain… Juste un peu de pain et une pomme !<o:p></o:p>

    Il me reste 2hr avant le départ du bus, je vais essayer de faire du stop. Mais, au fait, quelle est la direction que je dois prendre ? <o:p></o:p>

    La capitale est vraiment triste et déserte, même en semaine. Le  plus dur, c’est de ne rien comprendre à l’islandais. Aucun mot ne donne d’indice quant à sa traduction (à l’exception du mot poste, « posterinn »). J’ai vraiment beaucoup de progrès à faire en anglais, même si j’arrive à me faire comprendre.<o:p></o:p>

    Le stop n’a pas bien marché… Seul un jeune s’est arrêté, mais n’allait pas dans la bonne direction. Malgré le grand ciel bleu et son soleil, le froid me rattrape. J’aimerais bien être au BSI à attendre avec un bon café, celui que je n’ai pas eu ce matin.<o:p></o:p>

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    21h00<o:p></o:p>

    Je monte dans le bus pour une durée de … ? Sur la route, on roule à travers des champs d’herbes mortes, tout paraît désert, et on aperçoit au loin des montagnes enneigées. Une maison par-ci, une ferme par-là. Après une heure de trajet, on s’arrête à Borganes pour trois quarts d’heure. J’essaie de trouver une cartouche de gaz, en vain… Décidément, je suis maudit ! <o:p></o:p>

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    Je me console avec un sandwich mayo/crevettes, et c’est reparti ! Une demi-heure après (surtout après une bone sieste), le bus s’arrête au milieu de nul part. Un croisement de route, toute droite, des champs de lave à perte de vue, les glaciers et… pas un chat !<o:p></o:p>

    Dix minutes plus tard le chauffeur se lève, me regarde en me montrant du doigt, et, dans un anglais incompréhensible, me demande si je vais à Stykkisholmur. Une fois que j’ai enfin compris, il me demande de sortir. Je regarde à droite, à gauche, mais il n’y a rien, là ! Qu’est ce qu’il veut que je fasse, c’est une blague ? Je ne peux même pas planter ma tente, ce sol n’est que de la lave…<o:p></o:p>

    Le temps de sortir mon sac du bus et j’aperçois au loin une autre navette, en espérant que c’est pour moi… Exact, le chauffeur me le montre du doigt.<o:p></o:p>

    Me voilà seul, avec un nouveau chauffeur, à rouler dans un endroit où aucune âme ne vit. (je suis de mauvaise foi, j’ai vu quatre ou cinq moutons rasta…).<o:p></o:p>

    Il me dépose à la station service d’un petit village à l’air désertique. Pas commode cet endroit, surtout avec le froid et le vent glacial !<o:p></o:p>

    Je vois un terrain appelé « camping », signalé par le Guide du Routard. Après être rentré dans la station (et oui, je recherche toujours ma bouteille de gaz…), je décide tout de même d’aller voir la deuxième et dernière solution, l’Auberge de Jeunesse. Elle se trouve à deux cents mètres après l’Office du Tourisme. Mais il est où celui-là ? Le village est tout de même très agréable, avec son petit port, son église étrange, ses maisons bariolées et… son vent Arctique ! C’est surprenant de voir une si petite ville au milieu des glaciers, où rien ne se passe… mis à part le va-et-vient des bateaux de pêche. Tout paraît si petit dans ce pays où tout est gigantesque. C’est complètement paradoxal mais tellement vrai ! Le fait de ne voir personne rend la chose encore plus petite. Il y a, paraît-il, mille deux cents habitants. Je n’en ai vu qu’une poignée… Mais ce calme et ce silence sont tellement apaisants. Justement, rien ne s’y passe mais c’est ça qui fait son charme. Ainsi que le vent et le froid qui revitalisent tout ça ! Je ne sais pas si je retrouverais une telle tranquillité que, ça doit être dur à trouver…<o:p></o:p>

    Après avoir marché un peu et réfléchit sur tout ceci, je trouve une maison sur les hauteurs avec le sigle de l’Auberge de Jeunesse. Mais personne n’a l’air de répondre à mon « toc-toc »… <o:p></o:p>

    Toc-toc …Toujours rien… Je ne vais quand même pas monter la tente, avec ces quelques flocons de neige qui commencent à tomber. Ça ne dit rien de positif tout ça ! J’appelle donc au numéro inscrit sur la porte. Je tombe sur un monsieur et me dis qu’il arrive. Soulagé, c’est impeccable, tout va mieux ! Après les « formalités » d’entrée et l’explication chaotique au sujet de l’alarme à incendie qui peut se déclencher toute seule, je m’installe tranquillement,  dans cette grande maison vide toute en bois. Elle est d’ailleurs très agréable. Il m’a mis dans une chambre avec vue sur le port et son phare orange fluo !<o:p></o:p>

    Je pars ensuite voir ce phare. Une fois là-haut, toujours avec un vent à couper le souffle, je découvre une vue imprenable sur les deux milles cinq cents petites îles de la péninsules de Snaeffellsnes, au loin, avec ces glaciers. Je m’assieds en face de la mer, sur les hauteurs, pour admirer ce paysage si reposant. J’essaye d’observer à la jumelle quelques baleines, mais ce ne sont que des houles que j’aperçois… Je fais quelques clichés et je repars. Je me sens vraiment bien, le froid ne me fait plus rien et le vent ne m’agace plus. J’ai envie de marcher. Un vrai moment de liberté !<o:p></o:p>

    Je marche pour rejoindre l’autre côté de la ville et vois alors cette étrange église en forme de Drakkar. Je continue sur le flanc des hauteurs, avec toujours le même vent. Il y a un gros poteau qui m’intrigue. Arrivé là, je découvre le nom de tous les glaciers qui entourent la ville. Je me pose et regarde ces paysages si différents au fur et à mesure que je tourne la tête, et les maisons de toutes les couleurs parsemées un peu n’importe où. On a l’impression qu’elle ont été mises là pour égayer ce paysage si morose, voire même parfois apocalyptique.<o:p></o:p>

    Je retourne enfin à l’auberge, après ces deux heures de balade. A ma grande surprise, il y a du monde. Machinalement, je leur dis « bonjour », et ils me répondent la même chose. Non ! Des français dans ce petit coin perdu ! <o:p></o:p>

    Ils ont fait le tour de l’île dans l’autre sens. Mais motorisés, eux… Ils me racontent quelques-unes de leurs péripéties. Ils viennent d’Auvergne où ils tiennent une chambre d’hôte. Ils me conseillent d’ailleurs de ne pas aller vers le nord, car il neige et la météo des jours à venir n’est pas très bonne.<o:p></o:p>

    Je m’étais renseigné cet après-midi, dans un des rares magasin, ouverts, où on m’avait donné les horaires des ferrys. Ça tombe bien, comme ça, je peux faire l’aller-retour dans la journée. Au cas ou il ne ferait pas beau ou qu’il n’y aurait rien à faire.<o:p></o:p>

    Je leur indique les coins sympa où je suis allé tout à l’heure, et ils partent. Je m’organise pour demain et vais voir les horaires en vue du retour vers le sud, mercredi. Je prends une bonne douche et un bon repas (tout seul, et oui, ils ne sont toujours pas rentrés). Pendant que le jour tombe, j’écris ces mots.<o:p></o:p>

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    Ça fait du bien de se retrouver seul, sans stress, dans ce cadre relaxant, de vivre à l’imprévu, au jour le jour, sans avoir de soucis ni d’angoisse. Pendant ces heures, je pense à beaucoup de choses. Des moments que j’ai peut-être oubliés, bon ou mauvais, de ce qui m’attend (ah, les français reviennent, troubler ce silence…).<o:p></o:p>

    Ce que je me dis, c’est que plus je voyage, plus j’ai envie de voyager. C’est tellement bon de partir dans des lieux inconnus, d’avoir l’impression d’être perdu alors qu’on ne l’est pas, de perdre ses repères et son rythme, pour en retrouver d’autres. C’est vraiment agréable. Le seul fait de faire les choses sous une impulsion, de prendre cette direction et pas une autre, d’hésiter à emprunter un chemin afin d’être plus judicieux, même  s’il n’y a aucun but. Pour le seul plaisir de se balader, de regarder ce qui m’entoure, et me sentir bien. Il faut saisir pleinement ces longs moments, en profiter un maximum, car ce type d’expérience ne se fait qu’une fois, chaque pays et chaque personne étant différentes.<o:p></o:p>

    Ce soir d’ailleurs, le propriétaire est repassé. C’est vraiment étrange de rencontrer de telle personne, qui ne connaisse rien à la France, tout comme je ne connais rien de l’Islande. Il me demande où j’habite, ce que je fais dans la vie, quel est le nom de notre monnaie (et comment s’appelait-elle avant ?) Toutes ces questions sont si banales mais si comiques que ça rend la discussion tout de suite sympathique. J’ai tout de même un peu de mal avec l’anglais islandais…<o:p></o:p>

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    18/04/06                                                                                                                               10h10 <o:p></o:p>

    Hier je me suis rendu compte que la ville de Stykkisholmur était beaucoup plus vivante le soir. Avec l’arrivée du ferry c’est un ballet de voiture qui commence dans ce petit port éclairé. juste avant son arrivée (22h30), le départ des marins pour le large créé aussi de l’animation. Ils ont dû revenir au petit matin, car quand j’ai pris le ferry, vers 9h00, la plupart étaient revenu.<o:p></o:p>

    Me voilà donc dans le ferry en direction de Brjanslaekur, un village où d’après de Guide du Routard, il n’y a rien à faire. Ça tombe bien, c’est exactement ce que j’ai envie de faire, RIEN…<o:p></o:p>

    Le bateau repart ce soir à 19h30. Cela  me laisse pas mal de temps sur place.<o:p></o:p>

    Nous allons passer par l’île de Flatey, un endroit microscopique supportant deux familles qui y vivent. C’est à ne rien comprendre. Comment peut-on apprécier de vivre dans un tel endroit ? C’est vraiment difficile à croire, surtout pour nous, Européens, ayant l’habitude d’être à proximité de beaucoup de choses. On oublie ce que ça fait de se sentir éloigné, seul, au calme, au milieu de nulle part.<o:p></o:p>

    J’ai l’impression qu’en Islande, tout est au milieu de nulle part. Les villages sont implantés à des kilomètres des autres villes. On a le sentiment que chaque patelin doit se débrouiller seul pour vivre, en autarcie complète. C’est un pays où l’on est obligé de se poser toutes sortes de questions. Où vont-ils travailler ? Comment peuvent-ils avoir une vie sociale ? Est-ce que l’éducation des enfants est identique à la nôtre ? Les Islandais ne doivent pas être très difficiles et se contentent sans doute de très peu. Mais ils ont l’air heureux de vivre dans ces conditions. Et ça fait plaisir à voir, un pays riche et développé suffit de peu de choses et vit de façon reculée. On se demande même si leur réputation d’être à la pointe de la technologie est vraiment véridique. Ça paraît à la fois incroyable et insensé !<o:p></o:p>

    Toutes ces villes paraissent campagnes, par leur éloignement les unes des autres. C’est complètement paradoxal, mais c’est tout ceci qui fait leur charme.<o:p></o:p>

    Les Islandais sont très timides, ils baissent les yeux dès qu’on les regarde et hésitent à parler. C’est amusant. Peut-être est-ce dû à leur façon de vivre, habitués qu’ils sont à la solitude.<o:p></o:p>

    J’ai oublié de dire que ce matin, j’allais entrer dans le ferry (en pensant qu’on pouvait acheter le billet à l’intérieur) sans savoir qu’il  fallait acheter le billet sur le port. Merci au petit monsieur qui m’a tout de même laissé monter à bord, en me disant : « I talk to him when you can to go… » ou un truc comme ça. Dans tous les cas, je n’ai pas encore payé ! Enfin, pour l’instant…<o:p></o:p>

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    16h15<o:p></o:p>

    Il fait –2°C et je me retrouve dans une maison en ruine. Juste ce qu’il faut pour s’abriter du vent. Même mon stylo à du mal…<o:p></o:p>

    Bref, je suis arrivé vers 12h00 à Brjanslaekur et j’ai stoppé au café/restaurant. On aurait dit les même snack que l’on voit dans les feuilletons américain, ceux où il n’y a absolument personnes à des kilomètres à la ronde et où rien ne s’y passe. Je suis là depuis peu de temps mais je pense qu’il ne se passe pas grand chose dans ce village. Avec ces deux maisons et sa chapelle, sans oublié le fameux « restaurant » et le port…<o:p></o:p>

    Encore heureux qu’il fasse beau, pour rajouter un peu de chaleur (enfin si l’on peut dire…) dans ce patelin perdu !<o:p></o:p>

    J’ai demandé à la petite dame si je pouvais manger quelques choses. Elle m’a simplement dit « non », en m’indiquant l’endroit le plus proche pour ce mettre quelques choses sous la dent…<o:p></o:p>

    Ce lieu « magique » appelé Bildulalur ne se trouve qu’à 66 km !! Je tape sur ma jambe en lui disant que je n’avais que ça pour me déplacer. Elle est parti dans un fou rire !<o:p></o:p>

    Il y a une balade à faire dans les environs, dans la vallée de Laekjara. Ce sont les fossiles de Surtarbrandsgil (super dur à écrire les noms !) qui ont plus de 12 millions d’année !<o:p></o:p>

    Je demande à cette amusante bonne femme de m’indiquer où est le départ de cette promenade.<o:p></o:p>

    Aussitôt dit, aussitôt fait, me voilà parti… Je passe tant bien que mal par-dessus des clôtures et je grimpe, accompagné de tout mon bardat et d’une bonne dose de volonté !<o:p></o:p>

    Sur le chemin, il n’y a aucun bruit, j’essayais de suivre le sentier. Un sentier que j’imaginais plus qu’il n’existait…. Juste un petit bruit de ruisseau ici et là. Que du bonheur. J’ai l’impression d’être dans une gigantesque pièce insonorisé, du fait de ce calme déroutant ! Je continue à marcher sur un sol qui paraissait n’avoir jamais été utilisé !<o:p></o:p>

    Je n’entendais que le bruit de mes pas qui marchait dans des endroit tantôt humide, tantôt feuillus…<o:p></o:p>

    C’était un spectacle vraiment unique, avec devant moi de petites montagnes enneigé et derrière, le village et son église, proche de la mer, avec en fond une chaîne de glacier. Le tout coloré par un soleil plus qu’agréable, qui n’a pour unique but de lutter contre ce froid.<o:p></o:p>

    Je me suis posé un peu plus haut pour profiter du paysage, en cassant la croûte. C’est un pays immensément grand. On se sent tout petit, ridicule face à ces étendues. Mais c’est tellement jolie. Il fait vraiment bon que même le vent froid devient agréable. Après cette petite pause, je repars, avec ce sentiment de bien-être et cette atmosphère enivrante !<o:p></o:p>

    Pendant cette marche, je pensais à la liberté de faire ce que bon me semble, de partir dans la direction que je veux, juste en suivant mon instinct, ou en suivant un petit détail… Ces décors à perte de vue, font perdre la tête ! tout est si différent. Je me retrouve là, à crapahuter à 2 200 km de Paris où tout est si stressant. C’est en me disant ça que je profitais encore plus de la chance que j’avais de faire cette balade. Et je continuais d’avancer avec les sourires aux lèvres. Après quelques frayeurs… des oiseaux qui sortent de nulle part, du sol en piaillant comme pas possible, je me suis arrêté pour prendre quelques clichés et profiter du temps…<o:p></o:p>

    Pendant cette pause, le soleil était de plus en plus timide et commençais à laisser la place à quelques flocons de neige… Il était hors de questions de rentré, je voulais voir ces fossiles. Plus je marchais, plus il neigeais et plus je marchais dans cette neige… Il y avait de petites cascades, avec ces stalactites. Par contre, là, je m’inventais un sentier. Je suivais en même temps des traces de pas de bestioles dans la neige. En levant les yeux de temps en temps pour essayer de voir un éventuel animal. Mais rien… Juste ce bruit de ruisseau et cascades, accompagné par un vent de plus en plus froid.<o:p></o:p>

    Je suis entré dans un canyon, en longeant la rivière. L’endroit ressemblait de plus en plus à la photo que j’avais (mis à part, qu’elle a été prise en plein été !). J’ai continué, même si il neigeait de plus en plus. Je voulais atteindre l’unique but d’arriver là-haut, juste pour essayer de trouver un bout de caillou avec des choses bizarres gravés dedans… J’ai vu au loin un câble avec des affichettes, pour entourer un terrain. Ça y est, j’atteignais mon but, je suis redescendu pour traverser la rivière (grande réussite, avec juste un pied dans l’eau… j’ai surestimé l’épaisseur de la glace !) et lire les affichettes.<o:p></o:p>

    Juste l’indication d’un site protégé, pour ces fameux fossiles vieux de 12 millions d’années. J’ai commencé à chercher, pendant vingt bonne minute, avec les flocons qui devenaient de plus en plus nombreux…<o:p></o:p>

    Je me suis quand même résilier à faire demi-tout, bredouille. Avec juste quelques beaux cailloux dans les poches…<o:p></o:p>

    Je suis remonté un peu plus haut, au loin, il y avait une forme intrigante. Mais c’était juste une belle motte de terre accompagnée de quelques cailloux.  <o:p></o:p>

    La descente fut plus que périeuse et plus fatigante. Je commençais à sentir mes jambes s’alourdir et le froid qui commençait à arriver.<o:p></o:p>

    Je descendais, descendais en évitant les ruisseaux, la vase ou encore des trous. Le sol était imbibé de flotte, j’avais l’impression de marcher sur des éponges. On croit que le sol est dur, mais non, on s’enfonce ! Une terre vierge. C’est le seul bruit que j’entendais, celui d’une éponge mouillée !<o:p></o:p>

    Après cette balade de 3h30, tout de même, j’arrivais au « restaurant », avec les chevaux qui m’ont suivi tout le temps où je traversais leurs terrains… Mais pas de chance, fermé… Il n’ouvre qu’un heure avant l’arrivée du ferry. Je n’ai plus de force pour marcher, donc je me pose… Sans personne à l’horizon et seulement une voiture qui passe toutes les demi-heures (et encore, je suis gentil !)… C’est triste à mourir. Le panneau annonce toujours un petit –2°C, toujours sans prendre en compte ce vent glacial… Je me repose un peu, j’ai même failli m’endormir. S’il n’y avait pas eu le vent, c’était bon !<o:p></o:p>

    Mais non, je suis parti vers l’église, au cas ou elle serait ouverte. Sur le chemin, je traverse une ferme, les mômes s’arrêtent de jouer pour me regarder passer, le père et la mère, pareil… Un peu gênant quand même, je leur sors un petit « Hello !! » Accompagné d’un sourire et d’un geste de la main. Mais je n’ai que qu’un hochement de tête de la mère, en guise de réponse… sympa les Islandais, même pas froid !!! Ils n’ont vraiment pas l’habitude de voir du monde… Je suis peut-être la seule tête qu’ils ont vu depuis… beaucoup de temps…<o:p></o:p>

    J’ai continué à monté ce sentier interminable pour atteindre la chapelle. En arrivant, je la voit, cette petit chapelle blanche avec ces liserets verts autour des fenêtres et le toit rouge, entouré d’une clôture, avec un tout petit cimetière. Les pierres tombales sont en granit brut, ce qui rajoute un peu de charme à cet endroit. J’entre dans le jardin. Mais la porte de la chapelle est fermée. Je ne trouve qu’un trou dans le mur de la maison voisine abandonnée.<o:p></o:p>

    Donc voilà, il est 17h30 et je continue à écrire dans cette maison lugubre, et avec le bruit du vent comme fond sonore. J’ai essayé de bouché tous les trous avec ce que je trouvais pour vaincre du vent et du froid.<o:p></o:p>

    Me voilà prêt à reprendre le ferry. Retour à Stykkisholmur…<o:p></o:p>

    Un bouquin m’accompagne tout au long de ce périple : « petit traité sur l’immensité du monde », Sylvain Tesson image bien les pensées et la façon d’être d’un voyageur… beaucoup de chose sont vrais et d’autres intéressantes.<o:p></o:p>

    « la marche fait affleurer à la surface de la mémoire les strates de souvenirs rangées dans la boîte os du crâne, cette caisse d’archives, le plus précieux bagages du voyageur. On fouille, on trie ; un éclair soudain et l’on se souvient d’un moment drôle, presque oublié et l’on éclate de rire. (…) Rien ne vaut de passer un bon moment avec soi-même, à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieurs. »<o:p></o:p>

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    Tout ceci est vrai, c’est le meilleur bagage car on peut se sentir très bien en se souvenant de détail, dans les pires conditions. Ça aide à surmonter des difficultés… Pensée, oublié les problèmes et la situation dans laquelle on est. On peut sourire, tout seul au milieu de nulle part. ça fait du bien de se rappeler des souvenirs et de ranger ou tout simplement d’oublier quelques détails, sans importance, de la vie…<o:p></o:p>

    PS, dans la ferme que j’ai croisé, il y avait un homme, qui brûlait au chalumeau, des têtes de moutons. L’odeur était insoutenable !! Je préfère encore l’odeur du port, où les algues et les poissons sèchent tranquillement…<o:p></o:p>

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    21h20<o:p></o:p>

    Me voilà dans le bateau, retour au bercail. Après ma longue pause dans cette maison, assis sur un banc (je me demande d’ailleurs comment tient-il encore debout ?), je suis allé me prendre un café, au chaud, dans le « restaurant texan »… c’est vrai que je ne sentais plus du tout mes doigts de pied. Il était temps de trouver un endroit chaud. Je n’ai même pas eu le temps d’avaler une première gorgé de café (à 100 ISK ! sûrement le moins cher du pays !) que je vois arrivé au loin le bateau. <o:p></o:p>

    Enfin, la solitude dans un milieu désert, ça va cinq minute. Mais c’est vrai que c’est un grand moment de partage avec soi-même. Je suis fatigué, voire même épuisé ! je n’attends qu’une seule chose, rentrer au chaud prendre une bonne douche.<o:p></o:p>

    C’était une journée très enrichissante, surtout au niveau personnel (normal ??). Allier la fatigue physique avec la fatigue mentale est épuisant. Ce bon bol d’air frais et ce silence m’ont requinqué, plus que je ne l’aurais imaginé. Ma journée se termine par un excellent hamburger / frite, dans le bateau, avec un magnifique couché de soleil, sur les Fjords, comme toile de fond… Arrivé à Stykkisholmur (et je l’ai écrit sans regarder !) il faut que j’appel le propriétaire pour qu’il m’ouvre la porte.<o:p></o:p>

    « Le vagabond enjambe l’idéologie et les clôtures qui toutes deux empêches de gambader. Il ne veut en rien changer le monde qui l’entoure, il veut réussir à le fuir le plus esthétiquement possible. Il ne veut pas se battre, il s’échappe. Il n’est pas en croisade, il est en croisière. Il n’appartient à aucun groupe, il lui suffit d’un chien fidèle pour se sentir en compagnie. Il va à l’aventure car il veut que chaque jour soit un jaillissements d’imprévus. Dans la tension de l’effort, il retrouve la paix intérieure, se débarrasse de toute fausseté, revient à l’élémentaire et devient capable de pleurer de joie devant une vasque argileuse d’où sort un filet d’eau claire. Son âme se simplifie : son voyage est une épuration éthique. »   <o:p></o:p>

    Ce résumé du vagabond est très bien fait. Pour ma part, le fait de voyager permet beaucoup de chose, notamment de se retrouver avec soi-même, d’apprendre à gérer et à improviser dans n’importe quelle situation. Sans baisser les bras. Et de toute façon, seul, il est impossible de baisser les bras, car les conséquences peuvent être bien pires. Etre capable, voilà ce qui m’anime, me prouver à moi-même que je peux le faire, je peux vivre l’imprévu du quotidien et de façon complètement élémentaire.<o:p></o:p>

    Je ne regrette pas du tout de ne pas être motorisé. Tous serait tellement plus simple. Trop simple. Pendant que l’autre recherche la simplicité, je recherche la difficulté. Ceci pour me forger à l’intérieur. A être prêt dans n’importe quelles situations. Avoir un esprit de flexibilité et de débrouillardise pour pouvoir surmonter tous les petits tracas de tous les jours.<o:p></o:p>

    Le simple fait d’avoir sa maison sur son dos, donne un réel esprit de liberté. Si un coin me plaît pas, je change. Si au contraire il me plaît, alors je reste et découvre. Après tout, je n’ai de compte à rendre à personne. La seule chose qui compte c’est de me faire plaisir. Juste le temps d’un voyage.<o:p></o:p>

    Je ne sais plus où j’ai lu ceci. Qu’il faut être heureux si nous avons la Terre comme lit et les étoiles comme toits. C’est ce contenter de rien, vivre à l’état élémentaire. C’est vraiment plaisant. Et je respect cette phrase. Sylvain Tesson, lui, dit : « il existe deux carrés nécessaires à la survie de l’Homme : un carré d’herbe pour reposer le corps et un carré de ciel pour reposer les yeux. »<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Une fois de plus il à raison. Seuls ces deux éléments suffisent à rendre un Homme heureux et à ne penser à rien d’autre.<o:p></o:p>

    Ah, bientôt 22h00, je ne vais pas tarder à arriver…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    23h05<o:p></o:p>

    ça y est, enfin pausé. Ça fait du bien d’être au chaud. Et ce soir, j’ai la « chance » d’être… tout seul, pour changer.<o:p></o:p>

    La fin du trajet a été rapide mais chiant. En arrivant j’ai appelé le propriétaire. A peine eu le temps d’arrivée que sa femme et sa fille étaient là pour m’accueillir. Et surtout me faire payer.. Sa femme fait comme si je n’étais pas là…. Peut-être qu’elle ne parle pas anglais.<o:p></o:p>

    Et là, je suis dans ma chambre avec le petit port tout éclairé comme vue et toujours cet imperturbable silence. Quelques voitures de temps à autre…<o:p></o:p>

    J’ai bien fait de ne pas être resté dans le Nord-Ouest, il y a pleins d’éclair là-bas.<o:p></o:p>

    Bon, je vais me coucher après cette journée pleine de réflexions. Et puis d’ailleurs, mes jambes ne tiennent plus et je me lève tôt demain ! Ciao !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    19/04/06                                                                                                                               09h00<o:p></o:p>

    Debout 7h00 du matin ! juste le temps de me préparer et faire mon sac. Le bus part à 8h15µ. Je me suis vraiment bien reposé ! et là, je suis dans le bus. Le premier chauffeur (le même qu’à l’aller) m’a fait une petite fleur de 300 ISK, sympa ce petit bonhomme. Tout pareil, on s’est arrêté après ¼ d’heure de route, au milieu de nulle part à Vatnaleid, pour attendre l’autre bus… <o:p></o:p>

    Me revoilà au point de départ. Dans la Guest House de Salvation Army, à Reykjavik… Mais la chambre est plus sympa et le chauffage fonctionne correctement !<o:p></o:p>

    Je suis arrivé à 11h00 ce matin, j’ai cassé la croûte tout de suite, j’en pouvais plus. Il le fallait avant que je ne fasse quoi que ce soit ! Super le sandwich / chips au BSI. Je suis ensuite aller à l’Office du Tourisme, pour y déposer mon sac (si c’est possible bien sûr !) et demander des informations de là où j’allais dormir ce soir. Impeccable, il me garde mon gros sac. Ça c’est terrible ! Cette après midi je pars à la rencontre de nos amis les baleines. Mais ça va, le bateau ne pars qu’à 13h00, j’en profite pour me balader tranquillement dans la ville. Je me rend compte qu’elle est vraiment animé cette ville. Le centre est tellement plus sympa avec du monde ! par rapport à Stykkisholmur, je me sens tout de suite moins seul. Ça me fait si bizarre de voir tout ce raffut, tout ce monde, après avoir passé deux jours sans un chat… Je dirais presque que ça me choque.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    21h15<o:p></o:p>

    Je suis entré dans le bateau, avec une pseudo exposition sur les baleines, puis on est parti… après trente minutes de « route », on est arrivé dans la zone proprement dite… Le guide avait un espace sur le toit de la cabine de pilotage et elle parlait dans un micro. Tout le monde sur le pont était au taqué, près à dégainer son appareil photo, en scrutant l’horizon ! moi aussi d’ailleurs…<o:p></o:p>

    La guide nous signalait dès qu’elle en voyait une, en se servant des heures comme point de repère. La scène était assez marrante, quand on a commencé à en voir plusieurs : « ten o’clock ! ooohhhhh, twelve o’clock !! nine o’clock ! three o’clock… » Bref, on les a toutes faits… Et pendant ce temps, nous tournions la tête, allaient de l’autre côté du bateau…<o:p></o:p>

    Le spectacle était moins impressionnant que ce que j’imaginais. C’était toujours la même chose. Au bout de deux heure et quelques vingtaines de baleines (appelé Minke Whale), il a commencé à neigé… Tout le monde est rentré et on a pris le chemin du retour, tranquillement, au cas où nous verrions d’autres bêtes…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    De retour sur terre, j’ai récupérer mon sac, fait deux/trois courses et pris un bus pour Hafnarfjördur, une ville en banlieue de Reykjavik. La ville des fées et des Elfes. Je voulais au moins y passé une nuit, au cas où j’en verrai…<o:p></o:p>

    Pour dire comme les Islandais sont froid, en montant dans le bus, je demande le prix au chauffeur, qui me l’indique du bout des doigts où c’était indiqué,  ISK. Je lui tends un billet de   ISK, il me fait non de la tête… Un billet de , pareil, même réponse, sans un mot ! Et il continuait à rouler, comme si de rien n’était ; pendant que je cherchait éperdument quelques pièces…<o:p></o:p>

    Ça y est, les ais tes  ISK !! Toujours sans un mot, il m’indique de le faire glisser dans une boîte. Ah, ah, ah, d’accord, il ne peuvent pas touché à la monnaie, tout tombe directement dans un caisse fermé. Il aurait pu me le dire tout de même ???<o:p></o:p>

    A mon arrivée dans ce patelin, armé de mon plan, je cherchais cette fameuse Guesthouse tenue par des scouts locaux. Et en arrivant, un demoiselle me refoule ! en me disant qu’il n’ouvrait que le 1er mai, merci le Guide du Routard… (je commence à me demander si ils font les mises à jour chaque année…). Je me pause cinq minutes,n j’avais le dos en vrac, le temps de trouver une autre solution… Mais dans cette ville, il n’y avait que ça… Donc obligé de retourner à Reykjavik. Il devait être 18h00 ! J’appelle avant, pour savoir si il restait une chambre, là où j’ai passé ma première nuit… (le moins cher), Bingo ! Maintenant, il ne me reste plus qu’à trouver un bus en sens inverse. Faut dire que je ne m’étais pas arrêté au bon endroit, donc j’ai du marché ! Et il a commencé à pleuvoir sévère. Mais je continuais à chercher, en tendant le pouce par contre, on ne sait jamais…<o:p></o:p>

    Et c’est trouvé ! Retour à la case départ…ça ne me dérange pas, j’aime bien cette ville (animé, bien sûr…) Je me suis pausé dans ma chambre, j’en pouvais plus ! Je grignote et repars faire une promenade d’une heure, à travers la ville, tranquillement. J’observais tous les moindres détails, comme si je photographiais, pour garder des images. Je regardais les magasins, les maisons, les voitures, les gens, tout paraissait si paisible. Je marchais pour marcher, sans aucun but, toujours en suivant mes pas, une fois à gauche, encore à gauche, puis à droite. Je ne sais pas ce qu’il me faisait aller dans telle ou telle direction. C’était vraiment étrange, mais reposant.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    C’est vrai que les Islandais sont très respectueux…<o:p></o:p>

    Sur la route, il ne dépassent pas les limites, attachent toujours leurs ceintures (même dans le bus), en ville il roule à 30 km/h. Tout ça est respecté par les personnes âgés comme les plus jeunes. Leurs trottoirs feront rêver la Mairie de Paris. C’est simple, il n’y a rien. Et les poubelles sont en trois parties. Avec un côté pour mettre les chewing gum et l’autre pour y mettre les mégots. Tout est super bien étudié.<o:p></o:p>

    C’est agréable de voir des êtres humains se comporter comme ça, d’avoir autant de respect ! ça me paraît dingue !!<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    « Quelle que soit la direction prise, marché conduit à l’essentiel. Epouser l’existence d’un wanderer (même par intermittence) invite à consacrer toutes ses forces à assouvir ces besoins élémentaires. Se nourrir, s’abreuver, s’orienter, se garder du chaud, se garder du froid, trouver un gîte, sont des préoccupations oubliées par les foules civilisées, occupées à goûter la paix du soir dans la douce atmosphère du petit cap européen. Seule la pratique de la piste rappelle l’importance de ces questions. Il y a une jouissance à obéir aux contraintes imposées par le voyage et le vagabond est heureux de se soumettre à la discipline de son vagabondage. Il aime concentrer toute sa force d’action à satisfaire un seul objectif. »<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    20/04/06                                                                                                                   12h00<o:p></o:p>

    Se retrouver face à la nature, face à soi-même dans l’organisation d’un rythme complètement différent, avec ces contraintes et ces avantages.<o:p></o:p>

    Les contraintes sont, et je suis prêt, de ne pas trouver ce dont on a besoin, espérer quelques choses sans pour autant l’obtenir. Lorsque l’on est seul, c’est notre seule préoccupation ; Tout en sachant qu’il est impossible d’avoir le confort maximum. Donc dans ce cas, il faut faire des concessions…<o:p></o:p>

    Par contre, il y a beaucoup d’avantages. Notamment celui de n’avoir aucunes contraintes (excepté, assouvir ces besoins élémentaires), vivre selon son organisme. Aller plus loin si on le peut ou se reposer si l’on en peut plus.  Changer de toit comme et quand on veut, vivre sans obligations, uniquement celles que l’on s’accorde à soi-même. Vivre sans contraintes de temps, profiter quand on a envie d’en profiter.<o:p></o:p>

    Bref, une vie pleine de liberté et de bien-être.<o:p></o:p>

    D’autant plus que vivre comme ceci, nous apprend beaucoup sur notre corps. Que ce soit physique ou mentale.<o:p></o:p>

    Physique car on sait quand il faut s’arrêter, c’est l’organisme qui le dit et non une pause exigée ou obligé par un tiers. <o:p></o:p>

    Et mentale, parce qu’en cas de coup dur, on ne peut pas baisser les bras, car personne n’est là pour soutenir ou aider, on ne peut penser qu’à soi-même t à sa force mentale pour relever la tête et repartir.<o:p></o:p>

    Ce voyage est une belle grosse toilette de l’intérieur. Se redécouvrir en soi, partager de long moment de solitude, pour réapprendre à se connaître.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    13h05<o:p></o:p>

    Ce matin, grasse matinée au Salvation Army. Ça m’a fait le plus grand bien. Après un petit déjeuner et une bonne douche, je repars au centre ville pour acheter quelques souvenirs. Eh oui, faire le touriste tout simplement.<o:p></o:p>

    Et ensuite, direction BSI, pour aller à Vik. Sur le chemin, je retrouve mon concerto pour canard.<o:p></o:p>

    Je n’avais encore jamais remarqué, les plates de bandes sur le bord de la route sont de l’herbes. Jusqu’à là, tout est normal. Mais ils sont disposés en rouleau. Ils doivent les chercher dans les grandes plaines, et les découpés en bandes… C’est assez marrant, on dirait du rafistolage de pelouse.<o:p></o:p>

    Ah, on arrive à un col, avec un immense geyser. C’est impressionnant !! Surtout qu’il y a de l’herbes vertes !! Alors ça existe…<o:p></o:p>

    Bref, en arrivant au BSI, elle m’annonce qu’il n’y a pas de bus pour Vik, aujourd’hui. Il faut le prendre demain… Tant pis, je m’arrêterais à Hella, au pied du volcan Hekla… Là, j’arrive à Selfoss. Cette ville a l’air sympathique (et calme, comme toutes les autres.)Aux pieds des montagnes, au milieu d’une grande étendue de pré, et ces geysers implanté ici et là, c’est vraiment magique !<o:p></o:p>

    D’autant plus qu’il y a un super soleil. Que c’est bon d’être là…<o:p></o:p>

    Eh non, la maintenant je suis à Selfoss… Avant c’était Hveragerdi. Petite pause pour changement de bus… Maintenant, ma grande question est : « Est-ce que je trouverai quelques choses à manger à Hella ? ». Je n’ai qu’une pauvre salade, une pomme et des biscuits. Je ne pense pas que cela fera l’affaire.<o:p></o:p>

    C’est tout de même hallucinant. Je n’ai encore vu aucune voiture de police, vu comment les Islandais se comportent, on pourrait croire qu’ils sont constamment fliqué, mais non, seulment respectueux et bien élevé…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    13h50<o:p></o:p>

    Le décor est vraiment impressionnant. Des plaines à pertes de vue, recouert d’une herbe jaunâtre qui n’attend que l’été pour passer au vert. Et de temps en temps, une maison ou encore, une ferme. Je me demande même si il y a une route pour y accéder… Comment les gens choisissent-ils de s’isoler ? Quelle vie souhaitent-ils ? C’est vrai que les Islandais sont très calme et très posé. Je commence à comprendre pourquoi…<o:p></o:p>

    C’est vrai qu’être seul au milieu de nulle part, change une personnalité, pour la rendre plus calme.Et j’en ai fait l’expérience. <o:p></o:p>

    Tout à l’heure, en entrant dans Selfoss, on a traversé un pont, l’un des plus grand d’Islande. Mais plus petit que le pont de l’Alma, à Paris…<o:p></o:p>

    Ils doivent se sentir oppressé et stressé, si les Islandais viennent à Paris… Il y a un tel décalage, que cela doit être dur à vivre.<o:p></o:p>

    Ah, on s’arrête, toujours au milieu de nulle part, déposer un homme…<o:p></o:p>

    Je repense à l’eau de la Salvation Army, elle est flippante !! Quand tu te sers un verre, on a l’impression d’y avoir mis un efferalgan, on peut même l’entendre… Avec une couleur eau/farine, ça n’inspire pas confiance… Et quand tu prends une douche, il y a de vieilles odeurs d’œufs pourris… Sympa, non ??<o:p></o:p>

    On s’arrête une fois de plus dans une station service, toujours au milieu de nulle part, pour changer. En faite, les bus servent de coursiers pour les différents petits villages isolés, où il n’y a que les bus qui les fréquentent régulièrement… On dépose deux colis (dont les journaux du jour), et on repart !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    16h30<o:p></o:p>

    Me voilà arrivée (depuis 1h30 tout de même) dans la « Brenna House », où je me retrouve une fois de plus tout seul. Cette petite maison toute rose, faite de tôle ondulée a beaucoup de charme. Juste à côté il y a un petit fleuve, le Ytri-Ranga. C’est plein de charme et très naturel.<o:p></o:p>

    Quand je suis arrivé à Hella, j’ai tout de suite fait des courses et ensuite, je me suis procuré un petit plan de la ville, au cas ou…<o:p></o:p>

    Le Monsieur de la station service me demande si j’ai besoin d’aide. « Non, pourquoi ? » Je ne suis ni perdu, ni en galère. Mais merci quand même ! Je lui dis que j’essaie juste d’aller à Vik. Voilà ce qu’il me répond : « Il n’y a rien à Vik, rien à faire. C’est beaucoup plus grand et plus agréable ici ! » Peut-être mais je veux aller à Vik : « Pourquoi ce n’est pas joli là-bas ? <o:p></o:p>

    -         Oh Yeessss ! It’s beautiful !! » voilà ce qu’il me répond…<o:p></o:p>

    Je décide donc de faire du stop. Ce qui l’a beaucoup fait rire : « <o:p></o:p>

    -         Tu veux faire du stop ?<o:p></o:p>

    -         Bien sur, le seul problème ici c’est qu’il y a une voiture toutes les vingt minutes !<o:p></o:p>

    -         C’est clair, alors bon courage ! » me dit-il en rigolant.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Rencontre vraiment sympa et très naturelle, comme ça ne m’était pas arriver depuis longtemps.<o:p></o:p>

    J’ai tenté, mais vite abandonnée ! je me sentais vraiment con, proche d’une route déserte avec rien aux alentours. Situation ridicule et pathétique ! C’est dur à dire, mais je me suis dégonflé. Première fois depuis le début du séjour. Dommage j’aurai tellement voulu aller à Vik, voir cette ville si charmante. « étape indispensable » d’après le Guide du Routard… Je suis dégoûté… Je noies mon chagrin dans un sandwich concombre/œuf/jambon/mayo… Et un « daim »… Vous m’en direz tant !! <o:p></o:p>

    Juste le temps d’arriver à Brenna Guesthouse !! Le cœur lourd… Heureusement, c’est une dame souriante et très gentille qui m’ouvre (après l’avoir appelé bien sûr, la porte était fermée…) Cette petite maison couleurs rose bonbon.<o:p></o:p>

    Elle me donne les clefs, m’explique quelques trucs, notamment qu’elle passe ce soir pour me faire payer….<o:p></o:p>

    Elle m’indique aussi la piscine qui est l’une des plus sympas d’Islande, et la moins cher, d’après elle… Après avoir bu un petit café sur le bord de la rivière, j’enfourche mon maillot et c’est parti !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    18h30<o:p></o:p>

    Me voilà de retour dans la maison bonbon… Après un grand bol de bonheur. Qui continue d’ailleurs. Je suis sur un banc au bord de la rivière, en entendant que les oiseaux, la rivière et quelques voitures au loin… que du bonheur !<o:p></o:p>

    Tout à l’heure, je ne trouvais pas la piscine. Heureusement que j’ai vu une dame sortir d’un bâtiment appelé « Sundlaug » avec les cheveux mouillés… sinon, je faisais demi-tour.<o:p></o:p>

    Ah, le soleil commence à se cacher pour laisser place au vent, tant pis, c’est quand même si agréable !<o:p></o:p>

    J’étais un peu perdu… De ne pas savoir comment faire. Même pour des détails, où mettre mes affaires, laisser nos chaussures à l’entrée, … (comme dans chaque maison d’ailleurs).<o:p></o:p>

    Après avoir demandé à un petit monsieur dans les vestiaires, je compris qu’il y avait une petite consigne pour les clefs et argent, pour le reste des affaires il fallait les laisser au vestiaire. Dis donc, la confiance règne ici, les chaussures à l’entrée, le sac dans les vestiaires !! Je n’ai pas l’habitude moi. Mais je reste confiant, car tout le monde le fait. Je me suis mis à faire quelques longueurs. Avec 8°C à l’extérieur, l’eau faisait de la vapeur. J’étais tout seul dans le grand bassin. Deux autres personnes se pavanaient dans les trois autres petit bassins : 40-42°C, 36-38°C avec bain bouillonnant et une mare à 34-36°C. Eau naturellement chaude évidemment.<o:p></o:p>

    Après mon crapahutage, j’allais moi aussi me pavaner dans le plus chaud. Un vrai instant de plaisir ! Que du bon ! Avec la fraîcheur du vent, le petit rayon de soleil, quelques glaciers au loin et tout le corps dans l’eau chaude. Grand moment de relaxation.<o:p></o:p>

    J’y suis resté une quinzaine de minute seul dans ce petit bassin. Et dès que le bain bouillonnant était libre, j’y suis allé… Bah oui, pourquoi s’en privé, d’autant plus qu’à la fin on était quatre dans le bain à 40-42°C !<o:p></o:p>

    Je me suis donc installé dans le bain bouillonnant… <o:p></o:p>

    Bon allez, même si c’est sympa dehors, je me rentre dans la maison bonbon. Je ne sens plus mes doigts, et je commence à avoir du mal à écrire.<o:p></o:p>

    Ça m’a fait le plus grand bien (je parle du bain bouillonnant) complètement apaisant. Une vieille est venue me rendre visite… Elle me posait des questions mais faisait semblant de comprendre mes réponses. <o:p></o:p>

    Merde ! J’ai oublié ma serviette te mon maillot à la piscine !! Bon j’y retourne.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    19h20<o:p></o:p>

    En vain, s’était fermé… Je vais déposer un petit mot pour qu’il me laisse mes affaires dehors si ils sont fermés… Dommage, sinon…<o:p></o:p>

    « Hello, I have forgot my belongings, on the seat… If you are closed when I’ll leave, can you put my belongings outside... Thanks by advance!! Bye, bye!<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Mise à part ça, se fut vraiment un agréable moment de décompression, avec ce paysage, c’est tellement insolite. Du coup, je ne voulais plus repartir de ce bain, pour profiter de chaque instant. Je me disais que ce n’est pas demain la veille que je serais dans cette situation di terrible !<o:p></o:p>

    Tout est tellement si simple en Islande, on sent vraiment que les habitants aiment prendre du bon temps, se faire plaisir et vivre sans aucun stress. Je comprends mieux maintenant pourquoi l’Islande est le pays où l’on vit le plus vieux du monde… Avec ces différents bains, l’air qu’on y respire, le « no stress » qui y règne. Ils prennent le temps de vivre ici, ça fait du bien. Et du coup même le climat en général est reposant…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    21h30<o:p></o:p>

    Après un plateau télé et la petite ballade pour y déposer le message, il y a eu l’apparition entre les deux, de la propriétaire. Elle est resté un petit peu et me posait pleins de questions. Mon âge, ce que je fais dans la vie, où j’habite, si j’aime bien voyager seul ? Cette question m’a parue étrange. Tout le monde me regarde avec des yeux exorbités, comme si je venais d’une autre planète ! Je ne pensais pas que voyager seul pouvait poser problème ? Ou trouver ça bizarre, peut-être ? <o:p></o:p>

    A aucun moment j’ai ressenti ce que pouvais penser les gens, dans ma situation. A vrai dire, j’en ai rien à foutre, je prends du bon temps. Elle se plaignait surtout qu’il ne faisait jamais chaud en Islande. Et que j’avais la chance de pouvoir changer de climat dans un seul pays. Son seul problème c’est qu’elle trouve qu’il y a trop de monde à Paris. Tu m’étonnes, quand je vois Hella ! Il y a de quoi être déboussolé !<o:p></o:p>

    Au faite, c’est vrai que Björk vient d’Islande ! ça ne m’étonne pas, vu comme sa musique est posé et envoûtante. Ça s’apparente bien avec son pays… (Voilà, juste un petit aparté…). Sinon, elle m’a également dit qu’elle trouvait ça bizarre que je parle très bien l’anglais mais que j’avais du mal à comprendre. Elle se demande comment je m’en sors dans ce pays… Rassurez-vous, moi aussi je ne sais pas ? Mais j’y arrive tout compte fait ! Ensuite, une petite douche, dans un autre bâtiment, toute mignonne, avec ces petits rideaux et ses couleurs chaleureuses. Maintenant il commence à bien pleuvoir… Mais je m’en fous, je suis au chaud et à l’abri ! Bonne nuit et à demain…<o:p></o:p>

    PS : elle m’a également dit de faire du stop pour aller à Geyser, ça marche bien sur cette route… à voir…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    21/04/06                                                                                                                               9h45<o:p></o:p>

    C’est sous la pluie et avec un petit 6°C que j’ai quitté Hella et sa maison bonbon. Levé 7h30, mais après une excellente nuit dans cette maison bien confortable… Petit changement de bus à Selfoss et direction Geysir ! (le même bus, en faite) Ah, ça y est, j’ai vu ma première voiture de flic… Qu’elles sont beeellleees !<o:p></o:p>

    Le temps est toujours aussi pourri, mais bon, je ne vais pas m’arrêter à ça tout de même !!<o:p></o:p>

    Il y a une chose qui me fait halluciné dans ce pays. Tous les supermarchés sont tenus par des jeunes, je leurs donnerais 16 ans ! C’est fou ! si tu veux voir des jeunes, c’est soit dans les bars (et encore, l’âge autorisé est de 20 ans, il n’y a que des vieux) ou dans les magasins. Leurs copains/copines attendent tranquillement dans un coin, en compagnie d’un café. Ils faut savoir qu’ils offrent partout des cafés (station service, piscine, magasin…). Il y a des Thermos partout. Mais c’est vraiment sympa, et puis sa montre bien leurs convivialité !<o:p></o:p>

    Tiens, on s’arrête… (je ne sais pas où) et le chauffeur joue le « paperboy », il jette les journaux par la fenêtre et  repars. Vu le temps, je pense que le stop n’aurait pas été la meilleure solution.<o:p></o:p>

    Au faite, ce matin, je suis repassé par la piscine… Et c’était ouvert, j’ai donc pu récupérer mes affaires, qui n’avait absolument pas bougés !. J’ai pris une petite fiche de consigne, au passage : « les baigneurs sont priés de se laver au savon et sans maillot avant d’entrer dans la piscine. » Il n’y a aucune crainte concernant l’hygiène, en tout cas…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    18h00<o:p></o:p>

    Ça y est, enfin pausé, près de Hverargerdi, à Eldhestar, un grand haras de 200 chevaux. Je suis dans une petite maisonnette en bois, très rustique mais sans charme. Sympa quand même !<o:p></o:p>

    Donc tout à l’heure, il pleuvait à torrent quand on est arrivé à Geysir… Bien touristique le site. Je fais un tour dans le magasin, vraiment rapide, puis je file voir ce spectacle !<o:p></o:p>

    C’est vraiment impressionnant. On a l’impression de voir la naissance de la terre, comme si elle s’exprimait. C’est de là qu’on se rend compte qu’il y a de la vie en dessous !<o:p></o:p>

    En arrivant, on voit un cham pde fumée, avec ces fumerolles « implantés » ici et là… Des petits trous qui crachent des bulles, dans un bruit vraiment glauque. Il y en a partout !<o:p></o:p>

    Avec ces odeurs nauséabondes s’œufs pourris (c’est le souffre paraît-il…), ça rajoute aux charmes…<o:p></o:p>

    En s’approchant du plus grand geyser, on entend de lourds frémissements venant d’un énorme trou. Mais celui-ci n’a pas fait de « fontaine ». Ça peut monter jusqu’à trente mètres de haut !! Par contre, celui d’à côté, déjà assez grand, n’a pas arrêté. Le plus surprenant c’est que tout est naturel, même l’odeur… C’est une sorte de réservoir qui se recharge en eau et avec la pression faite par la vapeur, il y a un grand geai qui jaillit, toutes les dix à quinze minutes. D’après les panneaux explicatifs, l’eau fait plus de 150°C. ET nous (avec plusieurs touristes) on attend que le trou se manifeste, appareil photo à la main, prêt à déclencher !<o:p></o:p>

    Le bus, s’est arrêté une demi-heure, ce qui est largement suffisant, surtout vu le temps pluvieux et glacial…<o:p></o:p>

    Avant de repartir, je fais quelques films et photos et admire une dernière fois ce spectacle naturel. Je suis scotché, c’est vraiment impressionnant. Surtout quand je me suis mis dans les vapeurs. C’est presque insoutenable, tellement la chaleur est forte (sans compter l’odeur qui persiste, bien sûr).<o:p></o:p>

    Et c’est reparti pour Selfoss, avec un petit changement de bus pour aller jusqu’à Hveragerdi.<o:p></o:p>

    J’arrive là-bas vers 13h00. Première mission, trouver un plan de la ville. Donc, l’office du tourisme… Je m’arrête dans la première station service, qui me l’indique. Arrivé là-bas, le monsieur m’explique qu’il y a un refuge à 1h30 de marche, avec une rivière d’eau chaude… ça pourrait être sympa, mais je n’ai pas la force de grimper, je veux juste poser ce sac.<o:p></o:p>

    Guide du Routard à la main, je pars à la recherche de l’auberge de jeunesse. Arrivé là-bas, c’est un homme, l’air hippies et hagard qui m’ouvre. Il m’explique que ça fait longtemps que ça n’existe plus et qu’à part ça, il y a le camping…<o:p></o:p>

    Sympa, merci le Guide du Routard…<o:p></o:p>

    Je lui demande où est Eldhestar, en l’indiquant sur le Guide, et il se met à lire le descriptif en français.<o:p></o:p>

    Ah salut ! on peut se parler français alors, ce sera plus facile… Il va a Selfoss et propose de m’y emmener (c’est sur sa route). Attend, juste le temps de passer un coup de fil, savoir si il y a de la place… Pas de problème, c’est parti.<o:p></o:p>

    Il bosse dans une usine de gamelle, cela fait un an qu’il vit ici. Mais son boulot se termine la semaine prochaine. Sa boîte part en Roumanie… Moins cher là-bas ! Apparemment il a du mal à joindre les deux bouts. Il gagne l’équivalent d’un smic en France et après le loyer et l’assurance, il n’y a plus rien…<o:p></o:p>

    J’ai bien aimé sa réponse, quand je lui ai demandé combien de temps il pensait vivre ici ?<o:p></o:p>

    « Dès que j’aurai puisé tout ce qu’il y a à faire ici… ». Sympa comme philosophie, j’adhère… Mais je dis « chapeau », de partir comme ça, de pays en pays, sans avoir aucune contrainte, aucune attaches, c’est génial !<o:p></o:p>

    En arrivant dans mon haras, je fais toutes les formalités et prend d’assaut ce petit chalet qui a l’air vraiment confortable ! Je me suis pausé un peu, tout en faisant le  tour du propriétaire (vite fait d’ailleurs…) Et je repars en ville. Faire quelques courses, me balader au dessus et surtout voir combien de temps il me faut pour attraper le bus, demain matin.<o:p></o:p>

    Première chose, en arrivant là-bas, « l’Eden » C’est une serre gigantesque. Car la ville où je suis a le sol naturellement chaud, donc c’est là que sont cultivés tous les fruits et légumes de l’île…<o:p></o:p>

    Il y avait un minuscules geysir à l’entrée du magasin, qui essayait de faire des bulles tant bien que mal… ça m’a fait sourire.<o:p></o:p>

    En entrant, c’est une chaleur très humide qui m’accueille…<o:p></o:p>

    Il y avait des bananiers, des cocotiers, des ficus (aussi grand que ceux que j’ai vu en Haïti !) J’ai fait quelques photos. Mais ça m’a vite lassé ! Car vu l’humidité et la chaleur qu’il faisait, il y avait constamment de la buée sur l’objectif. Donc armé de mon mouchoir, je l’essuyais avant chaque photo !<o:p></o:p>

    Après ce petit tour et quelques achats, je pars faire des courses !<o:p></o:p>

    Je suis ensuite monté au nord de la ville, où paraît-il, il y a de petits geysers et fumerolles. Bingo ! Le décor était vraiment sympa, avec des évacuations de vapeurs ici et là, ça faisait vraiment apocalyptique.<o:p></o:p>

    Il y a même des geysers dans les jardins. Ça me gênerait d’avoir ça dans mon jardin, du moins pour l’odeur ! Je suis redescendu par la station géothermique : FERME, dommage. J’apercevais quelques évènements de la nature à travers le grillage mais c’est tout. Pour revenir au haras, il y avait un chemin qui contournait la grande route. Une voiture c’est même arrêté, ça se voyait tant que ça que j’étais perdu !<o:p></o:p>

    C’est le même jeune de la station service, qui m’avait renseigné. Il refait la même chose mais paraissait moins sur de lui…<o:p></o:p>

    J’ai commencé un chemin, traversé un ruisseau (odeur d’œufs pourris), continué et la route s’est arrêté… demi-tour ! Bref, 2h30 plus tard, me revoilà dans mon petit chalet.<o:p></o:p>

    J’ai oublié de parler de la route pour arriver à Selfoss, en venant des geysers ! Magnifique.<o:p></o:p>

    On a traversé un champ de lave, recouvert par un peu d’herbes. Il y avait énormément de petit chalet implanté au hasard. On aurait dit un camping de bungalows géant sur plusieurs kilomètres. On avait l’impression que c’était une ville improvisée. Les routes en cailloux rouges étaient vraiment jolies. <o:p></o:p>

    Puis on a longé une montagne « Ingolfsfjall », tout aussi magnifique, avec ces cascades improvisées sur le long de la falaise, l’eau qui en sortait était brun/bordeaux. C’était impressionnant.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    20h45<o:p></o:p>

    ça m’a fait du bien cette ballade, bien qu’épuisé !! Je me suis mis à bouquiner, tranquillement dans cette petite demeure pour la nuit. Avec autour, le silence le plus complet. De temps en temps, une cavalerie d’oiseaux ou une grosse giboulée de grêle. Toujours avec le bruit du vent en contre fond. Et le soleil qui joue son timide, a essayé de percer entre deux nuages noirs..<o:p></o:p>

    Il me reste plus qu’à prendre une bonne douche et au lit !  <o:p></o:p>

    C’est si bon de ne rien faire.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    « Tous ces bonheurs que le wanderer rafle dans sa course, il les concentre, le soir, sur la page de son cahier. C’est la promesse de ce rendez-vous avec une page vierge qui l’incite, le jour durant, à mieux faire provision de ce qui l’entoure. Pour le marcheur au long cours, l’écriture est le plus intense moment d’apaisement. Le point d’orgue posé sur la portée du jour. (…). L’esprit se réfugie dans l’agréable fouille de la mémoire. En écrivant le soir, le voyageur continue sa route sur une autre surface, il prolonge son avancée sur le plan de la page. Tout comme il abat les kilomètres pas à pas, il trace son sillon ligne à ligne. Dans la même solitude, il va sur son terrain d’aventure le jour, et sur son terrain d’écriture le soir. »<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    21h20<o:p></o:p>

    Dur, dur la petite douche dans un cabanon pas chauffé… (sachant qu’il vient de grêler !). Bon, pour en revenir au passage du livre, c’est vrai que prendre des notes est une nécessité, voire même vitale. Car on vit dans des choses nouvelles, de découvertes dans la journée qu’il serait impossible de tout garder en mémoire. Etant seul, ce cahier est mon compagnon. Il est celui à qui je transmet tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai appris et tout ce que j’ai ressenti. Comme il dit, c’est un vrai moment d’apaisement et de recherche, pour ne pas oublier le moindre détail ! Ce que j’ai envie de dire, je l’écris. Et personne ne pourra me l’interdire ou faire des objections !<o:p></o:p>

    C’est important d’écrire ses émotions et de décrire ce que l’on voit pour pouvoir re-voyager et revivre tous ces instants si fort, on rouvrant ce cahier et me plonger dans ces lignes. C’est un effort utile puisqu’il sera sûrement très agréable de relire dans quelques années, avec plus de recul.<o:p></o:p>

    Bon allez, je vais me pieuter, je suis rincé… à plus, petit cahier !<o:p></o:p>

    Ah tiens, il se remet à pleuvoir… j’adore ! je suis au chaud dans ce petit chalet perdu dans un champ et j’entend la pluie qui claque contre la fenêtre et sur le toit, avec les vent qui l’accompagne. Je n’ai même pas eu le temps de finir d’écrire, que tout s’est arrêté net, comme un claquement de doigts !<o:p></o:p>

    Sur ces bonnes paroles, bonne nuit !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    22/04/06                                                                                                                   16h10<o:p></o:p>

    Me voilà au point de départ !! Et proche du départ…<o:p></o:p>

    J’ai retrouvé ma chambre 208 du Salvation Army, à Reykjavik ! Celle avec le chauffage qui fonctionne très mal. Un vrai moment de bonheur, ce matin, vers 11h00. Je me suis levé avec un rayon de soleil qui m’a ébloui. J’étais si bien au lit, dans le noir, comme une marmotte ! Mais la fin de la nuit a été chaotique. J’avais un de ces maux de jambes. C’était insoutenable ! Je n’arrêtais pas de me tourner dans mon lit !Après une petite préparation tranquille, j’allais reprendre la route vers Hveragerdi. En entendant le vent soufflé, ça ne me donnait pas envie de quitter ce petit chalet si chaleureux. Je m’y sentais bien là-dedans, moi !!<o:p></o:p>

    Le kilomètre qui rejoignait cette ville a été plus qu’éprouvant… Au début impeccable, j’avais le vent dans le dos ! Mais dès que je suis arrivé sur la route, j’avais l’impression d’être bourré. Et de là, c’est une lutte sans merci qui s’est déroulé entre le vent et…moi ! Ces bourrasques latérales et le poids de mon sac me faisaient perdre l’équilibre. J’ai du faire au moins deux kilomètres de plus, à force de zigzaguer !<o:p></o:p>

    Tête baissé, je luttais contre ces rafales qui me ralentissaient. Et dès que ça se calmait (d’un coup, bien sûr) je perdais l’équilibre ! Comme un con, tout seul sur la route, au milieu de nulle part !<o:p></o:p>

    Et les voitures ! Parlons-en des voitures ! À chaque passage (et j’avais beau m’éloigner) je virevoltais, toujours avec le poids du sac qui n’arrangeait rien, je partais sur la gauche. Le pire étant les camions… J’avais beau m’y attendre, dès qu’ils passaient, j’allais dans le bas côté et faisait du sur place « grâce » à la puissance du vent. Sa vitesse m’envoyait en pleine tête des petits graviers (juste la première fois, après je ne me suis pas fait avoir…). Bref, voilà le parcours d’un homme rond comme une queue de pelle ! J’ai tout de même mis vingt cinq minutes eu lieu de vingt !! Pas mal non vu les circonstances ?<o:p></o:p>

    Juste le temps de prendre un bon café (bah oui, je n’ai toujours pas trouvé de cartouche de gaz – et j’ai abandonné depuis le temps – pour me faire mon petit café matinal) dans la station service. Et qui je revois, le petit bonhomme de la veille, celui qui m’avait aidé à plusieurs reprises… On se reconnaît, puis on discute. Il est venu deux fois en France et adore ce pays ! J’ai aussi discuté avec un jeunes dehors, aux allures de « greenday » ! un peu loufoque le mec, mais sympa. Après avoir lutté… (Chut !! un mec tout en blanc, avec une chemise rose vient d’entrer, quelle star ?? C’est « les forbands » version Islande…) … pour allumer sa cigarette, à trois tout de même ! mon bus est arrivé. Direction Reykjavik.<o:p></o:p>

    Dans le bus, un autre jeune est venu me parler (dis donc, ça n’arrête pas !) Il était épaté par mon portable. Qui n’existe pas en Islande. Donc on a discuté tout le trajet de l’Islande et de la France (d’ailleurs sa copine y est…), ce qui m’a aidé à faire passer plus vite ce trajet. Sympa les jeunes dans le coin !<o:p></o:p>

    Arrivé au BSI, je demande les horaires de bus pour le Blue Lagoon et Grindavik. Je veux dormir là-bas ce soir pour être plus proche de l’aéroport. Mais la petite dame rigole en me disant que le premier bus est à 11h00, or mon avion est à 7h40… Pareil pour Keflavik. Pourtant ce n’est qu’à quelques kilomètres de l’aéroport. Bref… Je demande pour le taxi. Et elle se remet à rigoler en disant que je vais payer 2 000 ISK au lieu de 1 100 (en partant de Reykjavik). J’abandonne. Je vais ma payer, une fois de plus, le luxe de la Salvation Army.<o:p></o:p>

    En essayant de négocier le prix de la chambre, sans petit déjeuner… En arrivant là-bas, je tombe sur une jeune, très protocolaire… Donc négociation impossible. Je pose mes affaires dans la petite chambre et je sui repartis en ville, flâner, profiter des derniers moments sur ces terres.<o:p></o:p>

    Je me suis posé dans mon petit pub, le Victor Café, où l’ambiance est vraiment chaleureuse, surtout un jour de match de foot. Juste le temps de boire un verre, j’ai un bus à 18h00 pour le Blue Lagoon.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    21h00<o:p></o:p>

    Me voilà dans le bus, de retour à la Salvation Army, d’ailleurs le bus nous emmène directement là-bas, sans passé par la BSI.<o:p></o:p>

    En y arrivant, que des touristes !! ça change, moi qui pensais qu’il n’y en avait pas… Anglais, Allemand ... pas de Français.<o:p></o:p>

    Dans le bus, en ramassant nos tickets, on nous donne un dépliant, sur lequel est indiqué la marche à suivre :<o:p></o:p>

    « Après un arrêt de deux heures, l’excursion repartira du Lagon Bleu aux alentours de 21h00. (Veuillez noter l’heure indiquée par le guide).<o:p></o:p>

     Après être entré dans le bâtiment, il vous faudra échanger à la caisse le billet inclus dans ce dépliant contre un bracelet d’entrée. Celui-ci vous donne accès aux zones de baignade et aux armoires des vestiaires.<o:p></o:p>

    Veillez à conserver l’autre billet, il vous sera demandé pour le transfert en autocar vers Reykjavik.<o:p></o:p>

    Chaque bracelet est équipé d’une puce électronique (dans la partie blanche). Pour pénétrer dans la zone de baignade, placez la partie blanche du bracelet contre le capteur de couleur bleu situé sur le portillon d’accès. Une flèche verte s’allume et vous pouvez alors avancer.<o:p></o:p>

    Choisissez une armoire ouverte dans les vestiaires et refermez la porte en la claquant légèrement afin qu’elle se ferme, le numéro de votre armoire se met alors à clignoter sur un capteur, et en plaçant votre bracelet contre celui-ci, l’armoire se verrouille. Pour ouvrir l’armoire, placez à nouveau le bracelet contre le capteur.<o:p></o:p>

    Après cette expérience merveilleuse au Lagon Bleu et d’autres activités telles que le shopping et la restauration, vous serez ramenés à Reykjavik à votre hôtel ou pension.<o:p></o:p>

    Nous vous remercions d’avoir choisi Reykjavik Excursions.<o:p></o:p>

    Nous espérons que vous apprécierez la suite de votre séjour en Islande ! »<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Tout un programme, très protocolaire !!<o:p></o:p>

    L’ambiance était vraiment « excursion touristique », d’un glauque !<o:p></o:p>

    Sur la route, un paysage désertique, un désert de lave, à perte de vue. Le même désert qui m’a accueillit en sortant de l’aéroport. Sympa l’accueil avec aucune âmes qui vivent à des kilomètres. Je me demande quelle taille aurait l’île si il n’y avait pas eu d’éruption volcanique. Mais dans son sinistre, le paysage reste agréable et apaisant à regardé. On voit de gros rochers fissurés, comme s’ils avaient subit un tremblement de terre.<o:p></o:p>

    Les paysages sont hallucinants, à la fois apocalyptique, comme celui-là et à la fois très vivant, comme Selfoss-Reykjavik, avec ces geysers et ces fumerolles implantés un peu n’importe où ?<o:p></o:p>

    De temps en temps, je vois un petit village, proche de la mer.. Tout est en construction en Islande, c’est vraiment une île nouvelle. Même en banlieue de Reykjavik, ils construisent carrément des petites villes, mais toutes les maisons en même temps. Pareil pour les entreprises. Il peut y avoir cinq à six établissement en construction, les unes à côté des autres. Tu m’étonnes, ils ont de l’espace à combler.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Bref, pour en revenir au Blue Lagoon. En arrivant, on marche sur un sentier où l’on est entouré de roche volcanique. Puis on arrive dans un bâtiment très moderne, camouflé par tous ces amas de pierre. Avant d’y rentrer, je fais un petit tour pour prendre quelques clichés. L’eau est laiteuse, on n’y voit rien à travers, c’est hallucinant.<o:p></o:p>

    En entrant, je suis les procédures à la lettre… <o:p></o:p>

    Le plus dure étant de rejoindre le bassin, à pied sur cinq/six mètres, à l’extérieur. Il doit faire 3 à 4°C à l’extérieur et je suis en maillot.<o:p></o:p>

    Mais une fois dedans, avec une eau à 42°C, c’est que du bonheur. Le soleil est en train de se coucher et la vapeur du bassin ne cesse de s’évaporer. C’est vraiment un joli spectacle. Au milieu du bassin se tient un geyser qui crache un immense nuage de fumé opaque ainsi que de l’eau qui doit atteindre les 100°C, l’eau qui frémit, en ébullition sert à chauffé le bassin. Ce cratère ne s’arrête jamais. Avec un bruit identique à celui qu’on entend lorsque l’on fait bouillir de l’eau, en plus gras. On a l’impression que tout va exploser. C’est vraiment joli ! Je suis resté une heure dans l’eau. Entre se pauser, s’allonger, avec les derniers rayons de soleil sur la figure et une eau tellement agréable… On s’endormirait presque. Et la cascade, très puissante mais qui fait un bien fou au dos. Et puis, la petite promenade dans le bassin pour se rapprocher du geyser. Car plus on s’approche, plus l’eau devient chaude, voire même insoutenable. Je me suis approché d’environ trois mètres, mais pas rester longtmeps.<o:p></o:p>

    Juste pour y mettre le museau dans l’émanation de vapeur. On se sent seul au monde. On ne voit plus rien, que du blanc. Le tout dans une légère senteur d’œuf pourri. Un grand moment de plaisir intense.<o:p></o:p>

    J’ai vraiment adoré, surtout de voir à quel point la nature peut-être utile ! Je me sentais bien dans ce bain. Sans avoir aucune envie de sortir. C’est la lassitude qui m’a donné envie de reprendre la serviette et d’aller se balader aux alentours. Dans le bassin, il donnait de la pâte pour se badigeonner la figure. C’était sympa de voir toutes ces têtes blanches !<o:p></o:p>

    En sortant, je suis allé faire un tour, autour du bassin, pour profiter une dernière fois de ce paysage. Comme si j’avais une faim interminable de manger du décor ! Profiter du cadre, du silence et de la beauté du site, avant de partir pour la ville… Eh oui, demain c’est le départ…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    23h00<o:p></o:p>

    Et me voilà dans la chambre 208 du Salvation Army. Se périple s’est terminé par un petit poucet, le bus nous déposait tous à nos hôtels respectifs !<o:p></o:p>

    Cette excursion m’a fait le plus grand bien, surtout avec un petit 1°C pour nous accueillir à Reykjavik. Je me sens serein et complètement détendu. Je ne sens ni mes jambes ni mon corps, tout léger ! Déjà que je ne le sentais pas beaucoup, alors là…<o:p></o:p>

    Je me lève dans six heures pour prendre le bus en direction de l’aéroport. Par chance, je me suis inscrit ce soir pour ne pas aller au BSI. Ils viennent me chercher directement ici. Impeccable, petite navette à 5h00 pour avion à 7h40 !<o:p></o:p>

    Ça m’ennuie de partir, je ressens comme un petit coup de blues. Je commençais à m’y faire à ces changements de temps soudain, ces paysages morbides et ces Islandais insociable !<o:p></o:p>

    Peut-être la peur de retrouver le stress, le bruit, les gens et un rythme insoutenable !<o:p></o:p>

    Mais bon, comme à chaque fin de vacances, on ne veut pas que ça se termine. On a donc un peu le cafard. Mais quand même, j’ai adoré cette petite vie de vagabond, à vivre sans temps et dans l’imprévu. C’est à refaire !! Bonne nuit et à tout à l’heure…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    23/04/06                                                                                                                   07h00<o:p></o:p>

    Eh oui, levé 4h00, avec l’impression de ne pas avoir dormi. Après un réveil difficile, c’est la neige qui m’attend dehors, une tempête… Sympa, le jour du départ !<o:p></o:p>

    J’aurai au moins évité une journée sous la neige… <o:p></o:p>

    Le bilan du voyage est plus que positif. De temps en temps, un peu seul, mais j’ai surmonté.<o:p></o:p>

    C’est vraiment une drôle d’expérience que je recommencerais avec grand plaisir ! ça fait du bien de se prouver à soi-même qu’on est capable de le faire. Partir seul et vivre au jour le jour. Sans que personne n’empêche quoique ce soit ! Ce que j’ai le plus apprécié, c’est le moment avant d’arriver dans une ville. Je ne savais jamais ce qui m’attendait, si je pouvais faire des courses, trouver un endroit pour dormir… Des petits détails qui rendent le voyage beaucoup plus palpitant. Et puis au pire, j’avais toujours ma tente et un petit peu de nourriture, au cas ou… <o:p></o:p>

    Ce voyage m’a permis de me retrouver un petit peu, connaître mes limites, ma débrouillardise. C’est fou ce que l’instinct peut-être puissant quand il veut ! Vagabondage sans stress (mis à part les horaires des bus…) et plus que reposant.<o:p></o:p>

    Le fait de prendre le temps de se poser à un endroit, comme à Stykkisholmur où à Hella, ou bien de ne rien faire, ne pose aucun problème. Simplement regarder le paysage, prendre du bon temps et réfléchir.<o:p></o:p>

    J’ai beaucoup réfléchi pendant tout ce temps, et ça fait du bien de ne pas avoir de soucis ou bien des tonnes de choses à penser. Le simple fait de n’avoir aucune obligation, repose et apaise. Le décor s’occupe de rendre le moment plus agréable.<o:p></o:p>

    C’est vrai que c’est un pays vraiment calme et agréable. Dans des endroits où il n’y a aucun bruit, personne, c’est rare ! Et j’en ai profité à fond !<o:p></o:p>

    Je suis maintenant paré à reprendre cette vie de dingue. Après cette évasion en solitaire, je me sens d’attaque !!<o:p></o:p>

    Bien dans ma tête, bien dans mes pompes !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    17h05<o:p></o:p>

    Me voilà de retour dans ce petit appartement. Ça fait drôle de voir tant de monde. Je me sens complètement déboussolé, mais reste une expérience inoubliable. Pays super ! Et repos en puissance !<o:p></o:p>

    J’ai vraiment bien aimé cette semaine de solitude extrême : d’un j’étais tout seul et de deux, j’étais dans un pays où il n’y a personne… A voir pour le prochain pays !<o:p></o:p>

    Pendant cette semaine, trois éléments m’ont beaucoup aidés et ne m’ont pas lâchés : le Guide du Routard (avec les mises à jour pas faite), mon livre « petit traité contre l’immensité du monde » et mon carnet de bord !<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Un dernier petit passage :<o:p></o:p>

    « (…) de ne rien attendre du chemin qu’il emprunte. A chaque pas il cueille les émotions, il se gorge de nouveautés, mais n’essaie pas de trouver des correspondances entre ce qu’il découvre et ce qu’il espère trouver. »<o:p></o:p>

    Tout à fait raison…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    A bientôt pour de nouvelles péripéties…<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Islande – 16/04/06 au 23/04/06<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>


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