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    Haïti avant c’était…

    Un pays où l’on retrouve tous les paysages du monde. Passer de la montagne à la mer, de la chaleur à la fraîcheur. Tout est tellement surprend !

    D’un côté on se retrouve dans une mer d’huile des Caraïbes et en un claquement de doigts, on se retrouve dans les mornes (montagne) à se promener autour d’un étang d’altitude. Juste avant d’aller plongé dans un bassin d’eau douce.

     

    Un pays chargé d’histoire où l’on retrouve des monuments gigantesques perchés au fin fond des mornes, sur de grandes hauteurs. On peut y constater la force de ce peuple qui de lui-même a obtenu l’indépendance. Le premier peuple noir à avoir chassé les colons. Juste par conviction, par force et ambition. Les haïtiens en restent fier et sont marqués par cette grande victoire historique.

     

    Un pays où tout est possible, en terme de tourisme et de détente. Les haïtiens seront toujours là sur les bords des routes, en pleins mornes il surgira toujours quelqu’un venu de nulle part pour vous indiquer votre chemin et vous aider dans la découverte de ce pays. Le pic Macaya, le plus haut mont d’Haïti offre une vue magnifique. La forêt des pins, malheureusement la dernière du pays, en plein cœur du parc national de la visite permet de prendre un moment de frais lors d’une excursion en camping sauvage par exemple. Ou encore la randonnée pour rejoindre Jacmel, la traversée de la péninsule sud. Facile à faire en 2 jours.

     

    Parlons un peu de Port au Prince…

    (tiré du guide touristique local « Panorama »)

    Cela montre parfaitement l’ambiance qui règne dans cette capitale…

    La dynamique du désordre

    Pour un non-initié, Port-au-Prince est chaos. L’ordre est désordre ; la norme, informelle.

    Complexité et subtilité. Il faut la vivre pour la comprendre.

    Ville en ébullition, sa dynamique survie bouscule la règle, telle une poésie entorse à la grammaire.

    Elle grouille, elle fourmille, elle étouffe.

    Elle stresse, compresse, oppresse, forge le caractère.

    Ville passion. On l’aime, on la déteste. On ne reste jamais indifférent.

     

     

    Débrouille

    Chaque avenue, rue et corridor de la capitale grouille de monde en quête du pain quotidien. Tout est prétexte à échange contre monnaie. Et de cette débrouillardise naissent les petits métiers qui traduisent l’âme d’un peuple qui refuse de se laisser vaincre par la misère. Kapab pa soufri !

    On recycle, on récupère, la vie en remix… Marchands de toutes sortes, cireurs (chany), bos cordonniers, tailleurs ou ferrailleurs, brouettiers, kawotchoumann (réparateur de caoutchouc (pneu)), file kouto, faune du paysage urbain. Leurs cris et sons distinctifs rythment les rues achalandées, qu’ils sillonnent inlassablement à la recherche de la vie. Dans les rues de la ville, degage pa peche !

     

    Le bruit

    Ville bruit !

    Danse, cadence, impatience.

    Les décibels rythment la vie.

    Pollution par le bruit ou opéra humain ?

    Du bruit comme pour s’assurer qu’on existe.

    Klaxons, sirènes, moteurs, poids lourds, mégaphones, hauts parleurs, cris des marchands ambulants, témoignent d’une journée bien remplie.

    La nuit, les décibels tombent mais ne meurent jamais : tambours, vaccines, alléluias ! Chiens, chats, coqs, criquets…

    Du concert au disco, jamais dodo…

    On s’en plaint, on peste.

    Mais si le silence devait envahir la nuit, on s’en inquièterait.

     

    L’odeur

    La ville respire la vie et nous respirons la ville. Tantôt désagréables, tantôt enivrantes, les odeurs accrochent au passage.

    Odeurs de fatras, vapeurs d’égouts, fumées de toutes provenances, fumée noire de muffler de bogota. Fragrances jasmin de nuit ou d’ilang-ilang ; parfum de corossol, d’ananas, de mangue ; royaume des épices aux arômes de girofle, d’anis ou de cannelle ; effluve de pain « rale » frais de la boulangerie, pâté chaud, cuisine créole.

    Port-au-Prince est olfactive, aux plaisirs des sens. »

     

     

    Haïti après c’est…

    Une ville méconnaissable, avec un peuple qui est de plus en plus fort ! Cette force de vivre et de reconstruire leur pays est un exemple pour nous tous !

    Malgré le désarroi, la peur, le traumatisme, les pertes, les haïtiens restent forts et sont omniprésent chaque jour pour changer leur quotidien et faire d’Haïti un pays comme il se doit !

    Ils ont été les premiers à s’entraider, se débrouiller. Une solidarité sans précédent. Les secouristes d’Haïti sont les haïtiens !!

     

    Aujourd’hui Port au Prince a perdu son ambiance, mais pas son âme.

    Aujourd’hui Port au Prince a perdu des Hommes mais pas sa force.

    Aujourd’hui Port au Prince a perdu ces monuments mais pas sa raison.

     

    L'atmosphère vacille entre cris, larmes et rires. Cinquante secondes qui sont venus faire basculer leur avenir. On entend ici et là des messes, des chants, des discours.

    La vie reprend le dessus. Les marchandes ont repris possession des lieux, les « boss » ont repris leurs activités, les haïtiens réapprennent à vivre avec un nouveau défi. Je suis étonnée tous les jours par les initiatives des franges les plus pauvres de la population. Je croise de moins en moins de regards perdus ou hagards. Les enfants font à nouveau tournoyer leurs cerfs volants faits de quelques bouts de bâtons et de plastic dans le ciel.

     

    La vie reprend et Haïti revis…

     

    Vincent Dalonneau

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